Ce qui me révolte dans le système américain

Bonjour à tous! Happy Thursday! Dans quelques jours, cela fera 6 mois que je suis installée à New York. 6 mois qui sont passés super vite et qui me font me dire qu’il faut que nous profitions encore plus des mois qui arrivent !

Les mois derniers, j’ai beaucoup parlé des choses que j’adorais aux Etats-Unis (vous pouvez retrouver mon article sur 5 choses que j’adore aux Etats-Unis ici) mais cette semaine, avec mes 6 mois de recul je voulais aussi parler des choses du systèmes américain qui sont difficiles à comprendre en étant français. Le système américain libéral est tellement différent du système protecteur de l’état social que nous avons en Europe de l’Ouest, ce qui fait que certains aspects sont un peu révoltants pour nous. Aujourd’hui, je vous explique ce que je déteste ici. Attention, je ne parlerai pas de politique américaine, car vivant ici j’ai appris à voir de l’intérieur le mauvais et aussi le bon de l’administration actuelle. Ainsi, ce post sera plutôt sur les valeurs américaines qui existent depuis des siècles et continuent de se perpétuer de génération en génération.

1- La place de l’argent dans la société américaine

Je pense que c’est la première chose qui me vient en tete: aux Etats-Unis, vous existez en fonction de votre compte bancaire et non de ce que vous êtes ou de ce que vous faites. Je me rappelle la première soirée que j’ai faite; je venais d’arriver aux Etats-Unis et ma coach sportive (qui est américaine) m’avait gentiment invitée à une conférence qu’elle donnait car c’est une influenceuse connue. Après la conférence, nous avons sympathisé avec plusieurs filles américaines, une des premières questions qui m’était posée à chaque fois en dehors de savoir ce que je faisais, où je vivais c’était « What’s your range? ». Au début, je n’ai pas compris et ensuite j’ai réalisé qu’elles parlaient de mon salaire . Et le salaire que vous avez va déterminer combien d’amis vous avez, ce que vous pouvez faire ect…

Valentin et moi avons la chance de gagner très bien notre vie car nous avons des salaires locaux donc plus élevés que les VIE ou autres mais je trouve que ce système est complètement injuste. Aux Etats-Unis, plus vous avez d’argent plus vous êtes une personne intéressante et plus vous êtes invités chez des gens ou à des événements… Je sais bien sur que le système français qui se base plus sur la famille ou sur la « corporation » (le nom de l’école que vous avez fait, votre religion…) et qu’il n’est pas forcément équitable mais je ne me suis jamais sentie exister à travers un chiffre.

Il faut aussi savoir qu’aux Etats-Unis rien n’est gratuit car l’état ne fournit aucun service, donc toutes les activités que vous faites sont payantes. C’est ainsi qu’on reconnaitra quelqu’un de « cool » contre un « looser ». Cette séparation entre riches et pauvres qui est omniprésente dans la société américaine est quelque chose qui me met extrêmement mal à l’aise.

2- Le modèle social complètement inégal

En matière d’idéaux ce qui est le plus révoltant pour moi, c’est l’idée que l’ascension sociale est quasi-impossible aux Etats-Unis. Encore une fois, ici le facteur de réussite c’est l’argent. En France, j’avais lu et relu Bourdieu et trouvais que dans certaines situations ses théories s’appliquaient mais là c’est carrément une autre dimension.

En faisant des recherches pour un projet avec des écoles que nous faisons avec mon travail, j’ai découvert à ma grande stupeur que le prix des écoles maternelles/primaires à New York tournait en moyenne autour de $50 000 par an par enfant, ce qui fait presque 1 000 dollars par semaine (choquant pour 5 jours de cours non?). Il existe quelques écoles moins chères mais elles sont très mauvaises et les élèves qui y sont ont ensuite très peu de chances d’aller à l’université.

L’université en elle même est aussi extrêmement chère et très souvent les étudiants ont besoin de faire des prêts pour y rentrer. Or, j’ai également appris ces 6 derniers mois que les banques ne faisaient des « Students loan » que quand vous aviez des parents avec un salaire suffisant pour vous épauler. Donc au final, si vous naissez dans une famille qui n’a pas d’argent au départ, vous avez très peu de chances d’arriver à aller à l’université et donc de gagner de l’argent plus tard pour vos propres enfants… on est très loin du Self-Made man!

Ce système de reproduction des personnes favorisées dans la société américaine est extrêmement dur à comprendre et surtout à valider pour un non-américain mais j’ai essayé plusieurs fois d’en parler avec nos amis américains (qui viennent tous de famille aisée) mais ils ne voient pas de problèmes…

3- Le rapport à l’écologie

A chaque fois que je suis avec mon amie Marie au téléphone, je lui confie mon angoisse devant le rapport à l’écologie américaine. J’ai fait une partie de mes études au Luxembourg, où quand nous mettions par erreur un morceau de verre dans le sac de déchets ménagers, nous nous prenions une amende de 150 euros (véridique!).

Quand je suis rentrée vivre à Paris, je me suis dit que la France était un mauvais élève et que nous ne savions pas recycler. Mais alors aux Etats-Unis, c’est encore pire que chez pire. Ils sont à des années lumières de notre niveau en Europe (et sont supers fiers car ils pensent que c’est la Chine qui pollue le monde). Dans mon supermarché local, je me bats tous les soirs avec la caissière car pour une raison que je n’ai pas encore élucidée, ils mettent deux sacs plastiques par sac de course… les pailles et les cups de café en plastiques trainent partout dans les rues et les gens les consomment en sur-dose (il peut arriver certains jours où mes collègues consomment 10 cups Starbucks par jour). Et quand vous achetez un gateau ou un bagel, on vous donnera automatiquement une dizaine de serviettes.

Je suis personnellement hyper sensibilisée à la protection de l’environnement et en particulier des océans car je fais beaucoup de plongée et j’ai pu voir les dégâts du plastique à usage unique sur le sable en profondeur. Alors, quand je vois tous les déchets plastiques et pas uniquement qui sont produits juste dans mon petit quartier de New-York (qui en superficie est moindre par rapport à la taille du pays en entier), j’ai un petit pincement au coeur.

Protégeons cette belle planète!

4- Le système de santé

Vivre à l’étranger nous permet de réaliser les avantages sociaux que nous avons dans notre pays. Aux Etats-Unis, j’ai réalisé lors de mon premier rendez-vous médical la chance que j’avais d’être née en France. Ici, la sécurité sociale n’existe pas. Vous avez trois options: vous pouvez souscrire à une assurance maladie par mois, qui est soit payée par vous ou si vous avez bien négocié par votre employeur (celle-ci tourne autour de 500 dollars mensuels pour un plan « basique »), soit vous décidez de vous priver d’assurance et alors si vous devez allez au médecin ou à l’hôpital vous payez les frais complets (qui peuvent monter de 300 dollars pour un rendez vous au généraliste simple de 15 minutes à 50 000 dollars pour une naissance ou une opération) ou si vous êtes vraiment en difficulté financière vous pouvez être éligible au Medicare qui vous permet de bénéficier d’une assurance maladie gratuitement.

Cela pourrait faire sens si il était facile de trouver une bonne assurance santé mais les compagnie d’assurances ne voulant pas dépenser de l’argent pour rien sont extremement selectifs. Souvent, avant de vous assurer, ils meneront une petite enquete sur vos antécédents familiaux. Et si il y a une maladie chronique, ils vous demanderont plus ou refuseront tout simplement de vous assurer. Une de mes collègue me disait que ils ont mis un an avec son mari qui a 70 ans avant de trouver une assurance qui voulait les assurer car il était trop agé et les compagnies d’assurance ne voulaient pas prendre de risques.

Je pense personnellement que la santé devrait etre un droit pour tous, surtout dans un pays aussi riche que les Etats-Unis.


Voila un petit peu les points qui sont difficiles pour moi aux Etats-Unis. Au début de la crise des Gilets Jaunes, je me disais  » ils sont stupides de manifester, quand on voit tous les droits qui existent en France et pas ailleurs », mais j’ai pris du recul et aujourd’hui je sais que ce sont deux systèmes completement différent, avec leurs avantages et leurs inconvénients chacun et que pour nous en tant qu’expats, il faut trouver celui qui nous corresponds le mieux.

Merci d’avoir lu mon article! Pour les expats américains qui me lisent, je serais curieuse d’avoir votre opinion! N’hesitez pas à m’envoyer un petit email 🙂

2 réflexions au sujet de « Ce qui me révolte dans le système américain »

  1. C’est vrai que cette manière de juger les gens sur leur argent est révoltante… Alors que quand t’es vraiment libéral, tu veux que l’Etat n’intervienne pas trop dans la vie des gens et ne ponctionne pas trop d’impôts, mais tu postules que chaque personne est égale en droits et en valeur.
    (t’as fait une petite coquille : ascension sociale, pas accession sociale)
    Ils vont un peu trop loin pour la scolarité aussi, après ça crée un gros problème : t’as toute une partie des gens qui sont mal formés et sont inemployables dans les nouvelles technologies, ce qui fait stagner la productivité par tête et provoque un chômage structurel avec des gens qui sortent même des statistiques du chômage… L’école doit être bon marché et de bonne qualité au moins jusqu’au baccalauréat, et après il faut qu’il y ait suffisamment de bourses dans les universités.
    Pour le système de santé, le mieux, c’est comme à Singapour, ce que préconisait Hayek, et qui existe chez nous pour l’automobile : une assurance obligatoire, mais d’un autre côté, les assureurs n’ont pas le droit de refuser d’assurer.
    Oui le système français est dans l’excès opposé, ce qui est peut-être pire, parce qu’on n’a plus notre liberté ni le sentiment d’être responsable de sa situation. On est comme dans les pays qui n’arrivent pas à se développer : les gens pensent que les seuls avantages qu’ils peuvent avoir proviennent de l’Etat, du coup chaque groupe social revendique et proteste pour obtenir une part du gâteau, qui décroit petit à petit, et la légitimité des institutions s’étiole, ce qui, entre autres, a conduit à la crise des Gilets Jaunes…

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